LA PROFESSIONNALISATION DES ASSMATS

 

Assistante maternelle : un Vrai Métier 

Je découvre ce matin une étude du Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observations des Conditions de Vie (Eh oui, ça existe !!!!) que vous trouverez dans sa globalité ici   http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C263.pdf mais dont je vais, pour vous simplifier la tâche,  faire une synthèse..

" L'accueil individuel représenté essentiellement par les assistants maternels a connu de fortes évolutions, liées notamment à la loi 2005 rénovant le statut de ces professionnels.

Cette réforme a pour ambition une meilleure reconnaissance de l'activité par l'ensemble des professionnels du secteur (petite enfance).

Il s'agit d'accentuer la formation et de la valoriser par la présentation à l'unité 1 du CAP petite enfance."

Pour cette étude le CREDOC a questionné cinquante assistants maternels agréés depuis 2007 et bénéficiant de la loi 2005 : il est avéré qu'un processus de professionnalisation est bien en cours.

Pour les assistants maternels interrogés, la formation est considérée comme un cadre normatif "d'une profession comme les autres".

Il semble important qu'un accompagnement à l'apprentissage puisse être mis en place, afin de s'assurer de l'intégration des enseignements à la pratique de 

l'activité au plus grand nombre.

"Le bénéfice de la formation n'est pas évalué, l'obtention de l'unité 1 du CAP petite enfance ne semble pas reconnue comme garantie de professionnalisme".

"L'activité d'assistante maternelle a longtemps été considérée comme une extension de la fonction maternelle. (...)

Le soin aux enfants ( longtemps réservé aux femmes ), l'exercice au domicile et la faible rémunération ont contribué à la disqualification sociale de l'activité.

"Premier mode d'accueil des moins de trois ans en 2007, après la garde par les parents, l'activité a souffert d'un problème de définition malgré l'action des pouvoirs publics pour cadrer l'exercice."

" A l'origine, l'activité se pratique de manière non déclarée, sans contrat de travail, sans affiliation à la Sécurité Sociale, sans Convention Collective pour déterminer les  conditions de travail.

Une première loi, votée en 1977, institutionnalise l'activité par la dénomination "assistante maternelle", par la création d'un " agrément " et d'un cadre réglementaire.

Cette loi est renforcée en 1992 par un texte qui précise notamment les conditions de l'agrément, délivré pour cinq ans, avec un nombre d'enfants accueillis limité à trois hors dérogation.

La rémunération est revalorisée et la formation rendue obligatoire, à raison de 60 heures sur cinq ans.

En parallèle, des mesures sont prises pour solvabiliser les familles ayant recours à des assistants maternels agréés.

Le bilan au début des années 2000 apparaît nuancé. La profession se développe, se stabilise. L'accueil non déclaré reste toutefois courant (Aballéa, 2005).

Les missions de l'assistante maternelle, de plus, ne sont pas clairement spécifiées, les textes évoquent "l'assistance aux parents dans leurs tâches éducatives". Les compétences propres de l'assistant maternel ne sont pas valorisées.

L'élaboration d'une CONVENTION COLLECTIVE et la loi du 27 juin 2005 portant réforme du statut des assistant maternels, signent un accompagnement à la professionnalisation et la reconnaissance de l'activité.

Les assistants maternels se distinguent dès lors des assistants familiaux dédiés à l'accueil des mineurs au titre de la protection de l'enfance.

Les modalités d'agrément sont révisées avec l'instauration de critères nationaux valorisant les aptitudes éducatives des candidats.

Le renouvellement de l'agrément est conditionné au suivi de la formation obligatoire et à la présentation de l'unité 1 du CAP Petite Enfance.

La formation est doublée, passant à 120 heures, dont 60 dispensées AVANT l'accueil du premier enfant.

A un statut professionnel rénové répond par ailleurs une volonté de diversifier les formes d'emploi et les modalités d'exercice, à mi-chemin entre l'accueil collectif et individuel.

L'exercice au domicile n'est plus exclusif comme en attestent les possibilités de regroupement d'assistants maternels (la loi de financement 2009 , par dérogation aux articles L.421-1 et L.423-1 du Code de l'Action Sociale et des Familles, donne la possibilité aux assistants maternels d'accueillir des mineurs, selon les modalités fixées par leur agrément, en dehors de leur domicile, lorsque leur activité s'exerce dans le même lieu et en même temps qu'au moins un autre assistant maternel. Quatre assistants maternels, aux maximum, peuvent travailler au sein d'un même local. Chaque assistant maternel contractualise avec les parents employeurs.) ou d'activité en micro-crèche.

La loi de financement de la Sécurité Sociale 2009 donne par ailleurs une possibilité d'agrément pour une quatrième place d'accueil jusqu'alors limité à trois hors dérogation.

La validation de l'unité 1 du CAP Petite Enfance et l'accès à la VAE (validation des acquis) se présentent de plus comme de potientielles passerelles vers d'autres métiers de la petite enfance, de l'enfance ou de l'aide à la personne : auxiliaire de puériculture, agent territorial spécialisé d'école maternelle (ATSEM), auxiliaire de vie scolaire, aide soignant."

LE CONCEPT DE PROFESSIONNALISATION

                                                               dans son historicité..

Durant les dernières décennies, les structures d'accueil de la petite enfance ont connu bon nombre de changements liés aux mutations même du système économique et social.

L'évolution de la famille comme les nouvelles données en termes d'emploi, etc...ont été, entre autres, des facteurs qui ont touché les modalités de fonctionnement de l'accueil des jeunes enfants.

On compte à l'heure actuelle 2,4 millions d'enfants de moins de trois ans. Ils connaissent en général une situation familiale où au moins l'un des membre du couple parental est en situation d'emploi.

En terme d'offre, on remarque une diversité et une division professionnelle. Des moyens financiers et humains sont déployés afin de satisfaire au mieux les besoins des familles.

Les collectivités assurent la gestion des services collectifs (crèche, etc.) tandis que les départements, par la PMI, ont la responsabilité de la délivrance des agréments pour exercer au domicile en tant qu'assistante maternelle, et de l'habilitation des équipements collectifs.

Cependant, les attentes des familles subsistent et ne correspondent pas forcément à l'offre qui présente encore à l'heure actuelle un caractère hétérogène dans l'accès aux structures par l'ensemble des enfants (y compris ceux en situation de pauvreté), dans ses modalités d'accueil, dans sa tarification et dans sa répartition sur le territoire.

Plusieurs mondes se côtoient dès lors qu'il est question de prendre en charge les tout-petits.

D'un côté, on trouve des professionnels qualifiés en structure collectives proposant généralement peu de flexibilité d'horaires et d'arrangements individuels

(mis à part la fréquentation à l'école maternelle des très jeunes enfants, dès deux ans et demi, qui sont accueillis par un personnel relevant d'autres instances, quatre types de qualifications sont répertoriés :

les puéricultrices (Diplôme d'Etat d'infirmier et dix mois de formation),

les éducateurs de jeunes enfants (Bac et trois ans d'études supérieures) en fonction de cadre intermédiaire ;

les auxiliaires de puériculture (BEP santé et société et 10 mois de formation),

les agents auprès des enfants (CAP petite enfance et 12 semaines de stage dans les deux ans) qui sont positionnés comme exécutants).

De l'autre côté, un accueil à domicile par les assistantes maternelles, qui, en comparaison avec le personnel exerçant en collectivité ont un niveau de qualification moins élevé (agrément et certification épreuve Unité Professionnelle 1 du CAP Petite Enfance)

Ces personnes feraient preuve davantage d'aménagements dans les horaires et de flexibilité dans les modalités de garde.

D'autres, comme les auxiliaires parentales qui gardent les enfants au domicile des familles, ne reçoivent aucune formation.

Il est coutume de dire que les professions du secteur de la petite enfance se rattachent à celui des "soins à la personne", intitulée "care" dans les recherches anglo-saxonnes.

Ces emplois sont caractérisés par leur féminisation et la multiplicité des formations issues de champs disciplinaires variés.(...) Ce qui sous-entend un vrai travail réclamant des compétences spécifiques .

 Cette difficile reconnaissance professionnelle et ce, d'autant plus pour celles en cours de professionnalisation comme les assistantes maternelles, semble être due à plusieurs facteurs.

Les plus significatifs sont liés aux caractéristiques mêmes des profils de carrière quasiment inexistants, sans parler du problème des salaires peu élevés.

Peu de passerelles existent en termes de développement de carrière, si ce n'est la réussite à l'intégralité du CAP Petite Enfance.

Des auteurs comme Eyraud et al. (1990) défendent le point de vue que le cloisonnement de marché du travail nuit à ces dernières quand elles sont employés par les parents.

Celles-ci se positionnent dans un emploi dont la spécificité de ses conditions est d'être instable et de présenter de faibles perspectives en termes de projets, tout en jouant la carte de la flexibilité.

Ce problème est de première importance dès lors qu'il est question de répondre aux demandes croissantes et diversifiées des parents qui veulent pouvoir faire un " libre choix" tout en réclamant une qualité d'accueil.

De plus, promouvoir les emplois des femmes et la qualification dans ce secteur est un des objectifs primordiaux au niveau des programmes européens qui, cependant, restent basés sur les principes d'égalité entre hommes et femmes.

                                                     GARDER  LES JEUNES ENFANTS

CHEZ LES NOURRICES 

Lorsqu'on s'interroge sur l'histoire de l'accueil de la prime enfance hors du milieu familial, on s'aperçoit qu'il peut être répertorié selon deux types : d'un côté, les structures d'accueil dites "collectives" qui ont été créées assez récemment et mises sous la responsabilité d'un personnel quelque peu formé et, de l'autre, la garde nourricière très ancienne.

Le système de garde nourricière, n'est en aucun cas le fait d'une innovation morderne, puisque l'on trouve trace de ses origines dès l'Antiquité.
Stèle athènienne vers 425-500 avant J-C. Femme assise confiant son enfant nouveau-né à une nourrice.

Etre nourrice, c'est assumer le rôle de nourrir un enfant autre que le sien et de "lui donner du lait goutte à goutte", d'où l'importance de sa morphologie lors de la sélection des candidatures (Sellenet, P.17, 2006).

Cette représentation traverse les siècles laissant libre cours à des pratiques plus ou moins formalisées entre les mères et les femmes-nourrices.

L'histoire nous enseigne que traditionnellement dans les milieux aisés il est habituel de confier son nouveau-né à une autre femme qui est issue de milieu populaire, souvent rural et en mesure d'allaiter.

Aussi la nourrice occupe-t-elle une place privilégiée parmi celle réservée aux servantes.

Cette pratique s'est peu à peu généralisée en France aux autres classe sociales réclamant de la femme une participation à un travail régulier dès le retour de couches (femmes d'ouvrier ou d'artisan).

Des tentatives de rémunération plus ou moins surveillées sont également relevées.

Les premières réglementations concernant la garde des plus petits remontent au XVI me siècle, puis sont suivies de règles strictes sur le choix des candidates au XVIIème et XVIIème siècle.

Cependant, compte tenu du taux très élevé de mortatlité infantile (un bébé sur quatre meurt durant sa première année jusqu'à la moitié du XIXème siècle), et de la surmortalité lors de placement nourricier, une attention particulière se développe de la part des pouvoirs publics notamment avec l'instauration de la "LOI ROUSSEL" en 1874.

C'est la première loi qui est adoptée en vue de protéger les enfants de moins de deux ans en nourrice.

Le principe d'un contrôle de l'autorité publique sur la garde nourricière est ainsi promu.

La "bonne" nourrice doit être capable de dispenser les soins adaptés et de consacrer sa vie à celle des enfants gardés.

Trois possibilités sont offertes aux mères, outre celle de faire garder l'enfant par une grand-mère ou un enfant plus âgé au foyer familial : 

1) Placer le tout-petit en nourrice loin de leur foyer ; c'est la solution la plus courante car la moins onéreuse (dans le sens où plus le domicile de la nourrice est éloigné moins cela coûte.)

2) Le faire garder à la journée chez une "sevreuse" dans un logement souvent insalubre, contre une somme d'argent minime.

3) Loger la nourrice à domicile où elle se rend entièrement disponible pour élever la progéniture.

C'est souvent le choix des familles bourgeoises.

Comme on peut le constater, cette situation d'enfants non élevés par leurs parents n'est pas l'apanage d'un milieu, bien que deux types de nourrices se juxtaposent, celles "à emporter" qui sont les moins bien loties et celles "sur lieu" employées comme "nurse" dans les familles bourgeoises.

Ces dernières disposent de conditions de vie meilleures (hygiène, conditions stables, reconnaissance de la spécificité de leur rôle), elles représentent "l'élite", (Sellenet, 2006, p.23).

Il n'est pas exagéré de parler de trafic d'enfants et de nourrices entre la ville et la campagne, ceci malgré les différents types de contrôle instaurés progressivement afin de lutter contre un taux de mortalité effroyable de nourrissons (Doucet-Dahlgren, 2007, P.63)

La mise en nourrice quasi généralisée dans les diverses classes sociales va perdurer jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, alors qu'un autre modèle est prôné par les dirigeants politiques et les philanthropes.

La mère considérée comme principale actrice de l'éducation de son enfant doit consacrer sa vie à celle de ses enfants.

Se profile une controverse sur les méfaits versus les bien-fondés de la garde d'enfants par d'autres femmes en dehors du foyer, qui, de surcroît se subdivise entre les défenseurs de la garde dite "collective" et celle dite "nourricière".                                                                                   

                                               INSTAURER LES MODELES D'EDUCATION

 

J.Donzelot (1977) rappelle que l'émergence de modèles et l'élaboration d'un système favorisant la socialisation précoce des jeunes enfants ne représentent pas un phénomène moderne

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En effet, en plus des visées humanistes du Siècle des Lumières développées en particulier par J.J.Rousseau (l'Emile, 1762), la mise en avant des particularités de l'enfance et de l'éducation correspond à un besoin de contrôle social des familles de la part des sociétés industrialisées, dès la fin du XIXème siècle.

L'intérêt porté à l'enfance par la société rend la question de l'éducation dans la famille encore plus complexe puisque celle-ci se trouve prise entre le pôle public et le pôle privé qui est lui-même touché par l'influence des experts envoyés par l'Etat.

Ce fait est souligné par J.Donzelot (1977, p. 156), lorsqu'il prend l'exemple du médecin de famille qui " intervient dans l'organisation domestique du foyer. Par ses suggestions quant à l'hygiène, par ses conseils éducatifs, il en modifie substantiellement l'agencement interne.

Cette logique fait état d'un discours qui est légitimé par un pouvoir et qui s'empare à tour de rôle du médical, du psychologique puis du psychiatrique et du psychanalytique ".

Un système éducatif hors du milieu familial est élaboré avec un double objectif qui est autant celui d'éduquer les mères à élever leur progéniture que d'éduquer les enfants eux-mêmes grâce à des pratiques adaptées.

Un système éducatif hors du milieu familial est élaboré avec un  double objectif qui est autant celui d’éduquer  les mères à élever leur progéniture que d’éduquer les enfants eux-mêmes grâce à des pratiques adaptées.

Autrement dit, des acteurs extérieurs au cercle familial vont intervenir dans l'organisation domestique du foyer. Cela est d'autant plus vrai, souligne ce même auteur, lorsqu'il s'agit de familles dont les pratiques ne s'ajustent pas aux normes scolaires, sanitaires, relationnelles requises par la société et ceci dès le plus jeune âge de leur progéniture.

On comprend que l'avènement de l'école et sa généralisation par J.Ferry, ont conduit les protagonistes à adopter un positionnement spécifique par rapport à l'accueil de la prime enfance à l'école maternelle.

 

Salle d'Asile

image empreintée à http://histoirelocale.arenval.com

En ce qui concerne les établissements collectifs, nous trouvons trace dans la première moitié du XIXème siècle des premières crèches collectives, salles d'asile (futures écoles maternelles) et quelques jardins d'enfants.

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Ces structures ont plusieurs spécificités. Tout d'abord ce sont des formes institutionnalisées de garde et d'éveil. Elles rassemblent des groupes de jeunes enfants, grosso modo du même âge, en dehors de la famille.

De plus, ces groupes sont animés par une équipe dont certains membres sont détenteurs d'une qualification spécifique.

Enfin, ce sont des établissements qui s'adressent à un public particulier. Il s'agit en général de familles ouvrières, voire en difficulté.

Leurs promoteurs, dans un souci de charité, se fixent commen objectif de, non seulement éduquer les enfants de façon saine et morale mais aussi d'éduquer les mères de telle sorte qu'elles soient capables de prendre en charge, selon ces mêmes principes, leur progéniture.

La sphère familiale jusqu'alors considérée comme privée, devient de plus en plus publique. (...)

Cela a pour conséquence de mettre en cause les capacités parentales à répondre aux exigences fixées par la société, concernant plus spécifiquement le statut de l'enfant et son éducation.

En contrepartie, l'enfant devient un nouvel objet de connaissance scientifique, ce qui permet aux médecins et autres membres de la classe supérieure de diffuser des règles de puériculture, allant du conseil lorsqu'il s'agit de toucher des mères de milieu bourgeois jusqu'à l'ordre pour les mères du milieu populaire, commente L.Boltanski (1969).

                                    DEPASSER LE STATU QUO

C'est  avec l'ordonnance du 2 novembre 1945 que sont créés les services de Protection Maternelle et infantile.

Leur mission première est d'organiser la surveillance des placements chez les nourrices, leur attribuant explicitement une fonction de garde et de soin. Il faut coûte que coûte faire baisser le taux de mortalité infantile en instaurant de nouvelles pratiques.

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De 1945 à 1977, la fonction de nourrice reste toutefois peu encadrée (Sellenet, 2006). Même s'il existe des tentatives de réglementation en termes de rémunération, on note qu'il s'agit d'une somme forfaitaire qui se négocie à l'amiable avec les mères qui sont de plus en plus nombreuses à travailler hors du contexte familial.

A partir de la fin des années 60 et durant les années 70, les femmes cherchent à s'émanciper (divorce, autonomie financière, maternités moins nombreuses, droit à la contraception et à l'avortement).

                                                Vote

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'image qui a longtemps été prépondérante d'un enfant "tube digestif" dont les besoins sont pris en compte sous un angle physiologique et où peu d'importance est accordée aux besoins affectifs, ludiques et psychomoteurs, s'estompe, laissant place à celle d'un enfant très sensible à son environnement relationnel et douée de capacité sensorielles importantes.

C.Rollet (1995) souligne à cet effet que la reconnaissance du rôle de l'affectivité et de l'importance du rôle maternel entre progressivement dans les mentalités par le biais de la psychanalyse.

Ce courant consacre un grand nombre d'études au bébé et à l'enfant et devient une théorie de référence quant au bien-être de l'enfant et aux problématiques relationnelles au sein du couple mère-enfant. (A.Freud, Klein, Spitz, Bowlby, Winnicott.)

 

La prise en charge précoce de l'enfant hors de son milieu familial et l'allongement de la scolarité contribuent à l'éviction de l'enfant du monde des adultes et du travail.

Un bouleversement dans les mentalités et dans les conceptions de l'éducation se produit, les experts posant leurs marques au travers de nouveaux modèles de socialisation qu'ils proposent aux mères.

                                           DEVENIR ASSISTANTE MATERNELLE 

Plus qu'une activité rémunérée, ce sont les fondements d'u métier qui sont posés si l'on considère avec Hugues (1952) que ce sont les apprentissages "initiatiques" qui supplantent les connaissances théoriques.

En effet un trait caractéristique des nourrices semblent être leur faculté à transmettre les unes aux autres les "cordes du métier" qui paraissent plus réalistes à leurs yeux que n'importe quelle théorie.

En quelque sorte, elles apprennent "sur le tas" à travers des modalités empiriques et bâtissent des savoirs informels qui peuvent être reproduits d'une personne à l'autre.

L'exemple des "jeux de nourrice" témoigne de l'observation des tout-petits et de leur capacité à inventer des temps d'éveil particulièrement attrayants.

C'es ce type de modélisation à travers la pratique qui est vécu comme étant ce qu'il faut privilégier, spécificité même de la définition d'un métier qui rappelons-le,trouve ses origines dans les systèmes de corporation (Dubar, P.131).

Les métiers relèvent des "arts mécaniques" où les mains travaillent plus que la tête (J.J. Rousseau) et c'est le poids de la pratique qui est mis en exergue.

Le modèle de maternage tel qu'il avait été pensé depuis le début de ce métier est ainsi mis en sourdine, en d'autres mots, il ne s'agit plus d'élever au sein les tout-petits des autres et de surveiller leur progrès mais de participer à leur éducation.

 Ce qui sous-entend l'idée d'être sensibilisé voire formé à cette nouvelle forme de prise en charge, d'autant plus qu'un nombre croissant de demandes de mode de garde est constaté.

Par la Loi N° 77-505 du 17 mai 1977, la fonction exercée prend une nouvelle dimension en adoptant la nouvelle dénomination "d'assistante maternelle" qui conduit à la première ébauche structurant le statut qui se résume en trois axes

1.Une organisation contraignante du recrutement est instaurée :

Pour accueilir des enfants de moins de trois ans à son domicile et percevoir une rémunération, l'assistante maternelle doit être agréée par le Président du Conseil Général du département de résidence.

Cet agrément est renouvelable chaque année est accordé si les conditions d'accueil, (état de santé, du logement et de l'environnement de l'assistante maternelle) sont réunies.

Il est également question d'accueillir le mineur afin de concourir à son éveil intellectuel et affectif et à son éducation.

De plus, la décision d'agrément rend compte du nombre et de l'âge des enfants susceptibles d'être accueillis chez elle et met en avant la fonction "d'assistance aux parents dans leurs tâches éducatives".

2. La loi impose aux parents des obligations concernant la rémunération. Une base est ainsi fixée à deux fois le SMIC horaire (garde de huit heures par jour et égalité de droits de congés payés avec l'ensemble des salariés) donnant accès à la sécurité sociale.

A cela, s'ajoute le droit à des indemnités journalières en cas d'absence de l'enfant s'élevant à la moitié du SMIC horaire.

Malgrè l'avancée que représentent ces mesures, force est de constater qu'il s'agit de faibles revenus.

Facteur qui ne peut pas contribuer à un mouvement de valorisation de l'emploi.

3. Il est offert pour la première fois la possibilité de suivre une formation de 60 heures au cours des cinq premières années d'exercice, en se portant volontaire et selon les possibilités mises en oeuvre par les services de PMI.

Cette opportunité n'a été saisie que par un nombre restreint de personnes.
 

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